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La cérémonie de Camerone
Le 5 mai, ils se lancent à l’assaut de Puebla, défendue par des forces deux supérieures en nombre (12.000 hommes). Les murs puissants de la ville rendent la préparation d’artillerie française inefficace. Les assaillants subissent de lourdes pertes et la cavalerie mexicaine lance une contre-attaque de flanc. Les Français doivent retraiter vers Vera Cruz et ne doivent leur salut qu’à un déluge soudain. Cet échec provoque un grand émoi en France. Pour laver cet affront un nouveau corps expéditionnaire de 30.000 hommes est dépêché au Mexique sous le commandement du général Elie Frédéric Forey. |
![]() La Seine débarque le bataillon égyptien du Soudan offert par le Sultan d’Egypte à Napoléon pour former la garnison de Vera Cruz. |
Camerone : les circonstances Les deux bataillons de la Légion étrangère ont débarqué à Vera Cruz le 28 mars 1863. Deux jours plus tard ils sont affectés à la sécurité de la route vers Puebla, vitale pour le ravitaillement du corps expéditionnaire français en train d’assiéger la ville. En effet, les convois sont régulièrement accroché par les forces juaristes locales. Le 29 avril, le colonel Jeanningros est informé qu’un important convoi s’apprête à partir pour Puebla avec l’artillerie de siège nécessaire à la réduction de la place et des fonds importants. Comme toujours bien informé, l’ennemi décide de monter une embuscade de grande ampleur. Le 1er bataillon de la Légion étrangère, installé à Chiquihuite affecte deux compagnies, fort diminuées, à l’escorte du convoi. Informé d’une probable embuscade sérieuse, le colonel Jeanningros décide d’envoyer une compagnie à la rencontre du convoi. La mission échoit à la compagnie de service, la 3e, mais son encadrement est décimé par la maladie la fièvre jaune (vomito negro). Le capitaine Danjou et deux autres officiers se portent immédiatement volontaires pour les suppléer.
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Détachement du régiment étranger.
Attaque d’un convoi français par la guérilla mexicaine.
Le colonel Jeanningros, commandant le Régiment étranger au Mexique. |
Premiers affrontements Les ordres du capitaine Danjou sont de pousser jusqu’à Palo Verde (35 km) puis de revenir. Il ne s’agit donc pas d’attendre le convoi en provenance de Vera Cruz mais de repérer, voire de disperser, les éventuels guérilleros. Les opérations menées les jours derniers par les cavaliers de la contre-guérilla du colonel Dupin font état d’une absence presque complète d’activité chez l’ennemi. |
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Alors que le café est en train de bouillir, le gros de la cavalerie mexicaine se présente à découvert. Le capitaine Danjou décide un repli immédiat. Son intention première est de se rapprocher de la compagnie de Saussier, à Paso del Macho. Un de ses hommes est blessé par un coup de feu en arrivant sur la route. Il adopte alors un dispositif similaire à celui de l’aller : une section de chaque côté de la route, une escouade en arrière-garde à cent mètres, une escouade et les deux mulets sur la route avec lui. Cette manœuvre inquiète le colonel Milan dont le gros des forces est installé à La Joya, au nord de la route. Il décide alors de faire anéantir la petite colonne par sa cavalerie. Danjou fait former le carré à ses hommes et attend que les cavaliers soient à quelques dizaines de mètres pour commander le feu. Une salve aussi meurtrière que la précédente dispersent des assaillants cette fois moins déterminés. Plutôt que de rejoindre Paso del Macho, Danjou choisit alors de fixer l’ennemi en occupant Camerone. Une charge à la baïonnette aux cris de vive l’empereur permet aux légionnaires de se frayer un chemin à travers les rangs ennemis. Ils se retranchent dans l’hacienda qui jouxte le village. Celle-ci est en très mauvais état. L’enceinte de 50 mètres sur 50 mètres est formée par un mur épais, haut de trois mètres, avec deux portes cochères à l’Ouest et une grande brèche à l’Est. |
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Une résistance acharnée
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![]() Le capitaine Danjou fait jurer à ses hommes de ne pas se rendre. La fumée au plafond ne provient de l’incendie qui sera allumé dans l’après-midi seulement mais est dégagée par les fusils. Par Pierre Bénigni |
Le colonel Milan renouvelle sa proposition de reddition sans succès. L’infanterie mexicaine prend d’assaut l’hacienda mais les défenseurs tiennent bon. Vers deux heures de l’après-midi, ils doivent abandonner le bâtiment principal où les Mexicains ouvrent maintenant le feu à travers des trous percés dans le plancher. Peu après, le sous-lieutenant Vilain tombe, touché d’une balle en plein front. Le sous-lieutenant Maudet lui succède, même s’il est désormais impossible de coordonner l’action des divers groupes de défenseurs. A quatre heures les légionnaires résistent encore. Les assaillants décident alors de les enfumer puis creusent des brèches dans les murs. Mais à cinq heure et demi, les défenseurs, réduits à trente, combattent toujours malgré la fatigue, la soif et la faim. Exaspéré, le colonel Milan décide de lancer un assaut général. Il suspend l’attaque et fouette le courage de ses hommes qui submergent alors les douze derniers légionnaires. Quatre d’entre eux, dont le caporal Berg, sont pris vivants mais les huit autres se retranchent dans le hangar où ils tiennent encore une heure. |
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